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Petit guide du Master 2 à l’usage des internes

Fiche Pratique de la LDI sur le Master 2 par Florence de Rohan Chabot

d’après le petit guide du Master 2 à l’usage des internes de psychiatrie de l’AFFEP – www.affep.netaffepsy@yahoo.fr

 

Qu’est-ce qu’un master ?

Sabres laserLe mot « master » désigne à la fois la façon dont un padawan désigne son maître, une formation universitaire, et le diplôme obtenu au terme de cette formation. Cette formation s’effectue sur deux années, intitulées « Master 1 » (M1) et « Master 2 » (M2). Dans le cursus universitaire classique, le master fait suite à une licence. Les étudiants en médecine bénéficient d’une équivalence leur permettant d’accéder directement au M1, sans licence préalable.

Il existe deux types de master : les masters pro et les masters recherche. Les masters pro visent à acquérir une compétence professionnelle. Les masters recherche forment au métier de chercheur ; les étudiants sont ensuite capables de mener un projet de recherche dans le cadre de la préparation d’une thèse de sciences comme doctorant. Nous présenterons ici les masters recherche.

Le master s’obtient en validant des crédits (60 en M1 et 60 en M2, selon l’ECTS – European Credits Transfer System) en fonction des unités d’enseignement (UE) suivis et des stages effectués en laboratoire de recherche.

Pour obtenir un niveau de M1, les étudiants en médecine doivent valider différentes UE et/ou effectuer des stages courts en laboratoire de recherche, soit au cours des deux premiers cycles de médecine (le plus souvent en PCEM2 et DCEM1 pour les plus prévoyants), soit au cours de l’internat (pour le désespoir des internes et de leurs co-internes). Les UE peuvent être suivies et validées indépendamment sur plusieurs années. Les modalités pratiques peuvent varier selon les facultés.

Pour s’inscrire en M2, il est nécessaire d’avoir validé un niveau M1. Classiquement, le M2 s’effectue en un an, au moment de l’internat. L’année de M2 se compose de cours théoriques et stage de recherche, selon des modalités pratiques variables en fonction des masters : cinq mois de cours (de septembre à janvier) suivis de cinq mois de stage à temps plein dans un laboratoire de recherche ; des semaines de cours alternant avec des semaines de stage ; des journées de cours alternant avec des jours de stage chaque semaine ... Le stage de recherche donne lieu à la rédaction d’un mémoire, soutenu oralement en juin (voire en septembre).

 

Pourquoi faire un master ?

De nombreuses motivations (non contradictoires !) peuvent conduire à envisager un master.

En voici quelques unes …

Un attrait pour la recherche

collection de pipettes

Depuis votre naissance, vous rêvez de devenir chercheur ? … Pas de doute, il faut faire un master ! Un master permet de découvrir le monde de la recherche de l’intérieur, en s’intégrant plusieurs mois au sein d’un laboratoire et en participant à la réalisation d’un projet de recherche. Un master est la première étape d’un cursus scientifique complémentaire du cursus médical. Il est indispensable pour s’inscrire en école doctorale et préparer une thèse de sciences.

Un plan de carrière

Depuis votre naissance, vous rêvez de devenir PU-PH ? … Pas de doute, il faut faire un master ! Pour accéder aux postes universitaires (chef de clinique, voire ultérieurement maître de conférence, puis professeur – mais il faudra alors plus qu’un master :-), il est souvent demander aux internes d’acquérir une formation scientifique complémentaire.

Une envie de formation complémentaire

Suivre un master permet d’acquérir/approfondir des connaissances théoriques (en plus de l’apprentissage pratique de la recherche). La thématique du master détermine le(s) domaine(s) des connaissances. Celui-ci peut être plus ou moins lié à sa spécialité. L’intérêt du master est aussi de prendre de la distance avec la clinique, et d’aborder les problématiques de sa spécialité avec de nouveaux outils, à travers une (ou plusieurs) discipline(s) scientifique(s).   

Les rencontres

Suivre un master peut aussi se décider au cours de l’internat au fil des rencontres : avec des médecins impliqués dans des programmes de recherche, avec des chercheurs …  

Et avant tout : la curiosité !

Le moteur d’un projet de master est aussi (et surtout !) la curiosité : curiosité de nouveaux savoirs, de nouvelles approches de travail, envie de découvrir de l’intérieur le monde de la recherche …

 

Les questions à se poser pour planifier un master

AgendaPlanifier un master amène à se poser de nombreuses questions.

Initialement, il est utile de multiplier les sources d’informations : internes plus anciens ou internes d’autres villes (ne pas hésiter à utiliser pour cela le réseau de votre association de spécialité, et sa mailing liste), hospitalo-universitaires, chercheurs, sites internet des facultés, famille, soirées, gala des internes …

Lorsque le projet est plus avancé (notamment lorsque la thématique est choisie, et l’équipe de recherche trouvée), l’équipe de recherche d’accueil accompagne (idéalement) l’interne dans ses dernières démarches : choix des enseignements, financements …

Dans tous les cas, il est important de ne pas rester seul avec ses questions.

Quand faire un master recherche ?

La plupart des étudiants en médecine effectuent leur M2 au cours de l’internat. C’est une période où il est facile d’interrompre son cursus (en prenant une disponibilité), et il existe des financements dédiés aux internes (année-recherche et autres bourses).

Le plus habituel est de programmer son M2 durant la deuxième moitié de l’internat : en prenant une disponibilité entre la troisième et la quatrième année d’internat. Cela laisse deux ans en début d’internat pour découvrir la discipline, rencontrer des équipes, se poser ses propres questions … et choisir le domaine dans lequel faire son master. Le M2 est ensuite préparé sur le plan pratique pendant la troisième année.

Toutefois, il ne s’agit pas d’une règle absolue. Il est possible de prendre une disponibilité pour « études et recherche » dès 6 mois d’internat. Le master est aussi planifié en fonction : des disponibilités et capacités de l’équipe de recherche, des financements (après 5 semestres validés, il est possible de faire des remplacements ; certains font le master immédiatement après l’internat tout en ayant une activité de consultation …), et des évènements de vie privée (eh oui, elle existe quand même) !

Prendre ou non une disponibilité ?

Prendre une disponibilité permet de se consacrer exclusivement au travail du M2 ; idéalement, la mise en disponibilité se fait sur une période de un an de novembre à novembre (il reste toutefois nécessaire de prévoir des aménagements pour le mois d’octobre précédant la disponibilité, car les cours commencent le plus souvent en octobre). Une mise en disponibilité nécessite d’avoir des ressources pour compenser l’absence de revenus.

Certains choisissent de réduire la disponibilité aux six mois d’hiver, en prévoyant des

aménagements et une grosse charge de travail pour les mois où se chevauchent M2 et stage d’interne. Localement, certaines villes prévoient des postes aménagées pour faire de la recherche.

Enfin, certains internes poursuivent un M2 en parallèle des stages. Cela nécessite une faible charge de travail en stage, et la possibilité de s’absenter aussi bien des cours et du stage en laboratoire que du stage à l’hôpital.

Comment financer son master ?

Le problème du financement conditionne bien souvent la décision de suivre un master, ainsi que la question d’une mise en disponibilité. Différents modes de financements existent :Argent

- l’année-recherche : c’est un dispositif par lequel les internes en disponibilité pour

recherche continuent à percevoir un salaire d’interne. Elle est attribuée localement, en fonction du projet de recherche, et depuis peu, indépendamment du classement à

l’internat. Les modalités pratiques pour postuler pour une année-recherche sont définies localement : se renseigner auprès de sa DRASS ou de son UFR.

- les bourses : deux organismes sont les principaux pourvoyeurs de bourses pour les internes : la Fondation pour la Recherche Médicale (http://www.frm.org/chercheurs/lesappels-d-offres/programme-espoirs-de-la-recherche.htm) et l’Académie Nationale de Médecine (http://www.academie-medecine.fr/modalite_3eme_cycle.cfm) pour un montant d’environ 1400 (pour l’ANM) à 1600 euros (pour la FRM) par mois pour douze mois. Les dossiers de demande de bourse se constituent au mois d’avril ; il est nécessaire d’avoir élaboré au préalable le projet de recherche avec l’équipe d’accueil (dans les grandes lignes, ou tout au moins, un projet plausible, même si le projet final s’avère différent). D’autres organismes peuvent offrir des bourses : la Fondation Groupe Pasteur

Mutualité (http://www.fondationgpm.fr/) et des organismes offrant des bourses dédiées à certaines spécialités

- les ressources locales : les laboratoires de recherche et les services hospitaliers peuvent avoir la possibilité de vous financer (via des contrats, des PHRC …). C’est pour cela qu’il ne faut surtout pas hésiter à aborder la question du financement avec votre chef de service, ou le directeur du laboratoire d’accueil.

- l’auto-financement : lors d’une disponibilité, il est possible de palier le manque de salaire en effectuant des gardes dans les structures accueillant des internes (avec accord de la direction), ou en effectuant des remplacements dans des structures privées (avec une licence de remplacement ; pour les modalités d’obtention, se renseigner auprès du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins). Cette solution, comme celle de ne pas prendre de disponibilité, implique de ne pas consacrer tout son temps au master ; il est important d’en discuter avec les responsables du master, et le directeur de stage.

Une loi récente prévoit que le stage de M2 fasse l’objet d’une rémunération par le laboratoire de recherche (environ 400 euros par mois pendant la durée du stage), indépendamment de toutes les autres sources de financement.

Où faire son master ?

Carte géographique et punaisesLe plus pratique est peut-être dans la ville de son internat. Toutefois, une année de M2 est très propice à la mobilité : il est possible de s’inscrire à n’importe quel M2 en France. Si un enseignement ou un laboratoire de recherche paraît particulièrement intéressant dans une autre ville (ou s’il n’y a rien d’attirant au niveau local), il ne faut pas hésiter à se poser la question d’effectuer son master dans une autre ville. A noter que l’enseignement et le stage de recherche peuvent avoir lieu à deux endroits différents (éventuellement très éloignés). Pour que l’équipe pédagogique du master valide le stage de recherche dans un laboratoire, il est souvent nécessaire que ce laboratoire soit accrédité ou affilié au master. Si ce n’est pas le cas, renseignez-vous auprès du secrétariat du master sur les démarches à effectuer. L’année de M2 est également propice aux séjours à l’étranger, notamment pour y effectuer le stage de recherche. Outre l’intérêt scientifique, il peut y avoir un intérêt linguistique (parler l’anglais sans accent ! après un stage en pays anglophone), voire plus si affinités … Il faut se

renseigner sur les conventions qui existent entre la faculté d’enseignement et des lieux de stage à l’étranger, ou profiter d’une collaboration internationale d’un laboratoire français.

L’année de M2 est propice à la mobilité, sans que ce soit forcément compliqué ; mais il est nécessaire de s’organiser de manière anticipée et rigoureuse.

 

Elaborer son projet de recherche de Master 2

En pratique, un projet de M2 ne s’élabore pas seul. Même si les idées personnelles de l’interne sont évidemment bienvenues, le projet de recherche s’élabore avec l’équipe du laboratoire d’accueil. Il faut donc avant tout choisir un laboratoire dans un domaine de recherche donné.  

Choisir un domaine de recherche

gel d'agaroseIl existe une multitude de domaines dans lesquels un interne peut effectuer un M2. De manière non exhaustive, nous pouvons citer : neurosciences, génétique, imagerie cérébrale, biologie moléculaire, physiologie, microbiologie, pharmacologie, épidémiologie, psychologie, philosophie, anthropologie, sociologie …

Le projet de recherche s’avère souvent très spécialisé : il s’agit de traiter une question scientifique précise. Toutefois, la manière d’y répondre peut être plus ou moins pluridisciplinaire (en faisant appel aux outils de différents champs). Certains masters encouragent une approche pluridisciplinaire (à l’instar du master recherche en sciences cognitives de Paris V-ENS-EHESS qui associe sciences humaines et neurosciences).

Il est nécessaire d’avoir une cohérence dans son année de M2 : le domaine du projet de recherche détermine la thématique du master auquel on s’inscrit. Les cours suivis sont en rapport avec le projet de recherche mais apportent plus largement des connaissances sur le domaine d’étude.

Différents critères peuvent entrer en compte dans le choix du projet de recherche : les possibilités de recherche et d’enseignement locales, la possibilité d’obtenir un financement …

Il est toutefois primordial de choisir un domaine qui plaît, avant d’y travailler de manière approfondie plusieurs mois.  

Trouver un laboratoire d’accueil

SourisLe choix du laboratoire d’accueil peut s’imposer de lui-même : laboratoire de recherche rattaché au service hospitalo-universitaire.

Mais ce choix peut aussi faire l’objet d’une démarche personnelle. Il faut définir au préalable le domaine de recherche et le lieu où vous souhaitez aller. Il faut ensuite trouver les coordonnées des laboratoires et des chercheurs : par exemple, et de manière non exhaustive, en recherchant sur les sites internet des organismes de recherche : site du CNRS (http://www.cnrs.fr/) ; site de l’INSERM (http://www.inserm.fr/) ; sur les sites des facultés, notamment les pages d’information du(es) master(s) qui vous intéresse(nt) ; sur les publications (les coordonnées de l’auteur principal sont toujours mentionnées) ; lors de congrès ou de journées scientifiques …

Ensuite, il ne faut pas hésiter à prendre contact avec les laboratoires et à aller rencontrer des chercheurs, même sans être introduit par une connaissance. Il peut être tout aussi intéressant pour le laboratoire de vous accueillir, que pour vous d’y aller ! Le projet de recherche à réaliser dans le cadre du master est établi avec la personne qui vous encadrera dans le laboratoire. Là encore, il ne faut pas hésiter à solliciter son aide pour l’écriture d’un pré-projet, souvent nécessaire à la candidature en master, et pour les démarches d’inscription et de financement.

Choisir ses enseignements

Intervenant devant une assembléeIl existe plusieurs masters susceptibles d’accueillir en M2 des internes en France. Certains En fonction de son projet, il reste toutefois possible de postuler pour des masters n’accueillant pas habituellement des internes de votre spécialité. Ceci implique une démarche personnelle pour trouver la formation adéquate et s’y faire accepter.

Les renseignements sur les modalités d’inscription et les enseignements sont plus ou moins faciles à trouver sur les sites des universités. Il peut être utile de se renseigner directement auprès du secrétariat du master. Il existe souvent une procédure de candidature (d’avril à juillet) pour être admis.

Si le master ne reçoit pas habituellement des internes, il peut être nécessaire (et judicieux) de solliciter un entretien avec l’équipe pédagogique du master pour évaluer la faisabilité de votre projet, et le degré d’équivalence qui vous est accordé. Une fois admis, il faut choisir les unités d’enseignement (UE) que vous voulez suivre et valider. La plupart des masters proposent les UE à la carte ; il est nécessaire de valider 30 ECT au premier semestre de M2.

Il existe des accords entre certains masters qui permettent de suivre et valider les UE

dispensées par d’autres masters que celui où vous êtes inscrits. Il est possible de choisir des UE sans lien direct avec le projet de recherche ; un minimum de cohérence est toutefois nécessaire. Il peut être utile de prendre l’avis de son responsable de stage, de l’équipe pédagogique du master, … et des étudiants des promotions antérieures. Il est de même pertinent d’évaluer la charge de travail des différentes UE, et la compatibilité des emplois du temps.

Quelle suite après un master ?

Après le master, retour à la vie d’interne le plus souvent, pour terminer l’internat. Il est important de valoriser au maximum son travail au travers d’une publication, d’un poster ou d’une communication lors d’un congrès.

Pour ceux que l’expérience a enthousiasmés, il est possible de poursuivre un cursus scientifique dans le cadre d’un doctorat.

Dans tous les cas, le master permet une immersion dans le monde de la recherche et donne un regard plus avisé vis-à-vis des données scientifiques qui alimentent nos conceptions des maladies et nos pratiques.

Calendrier des différentes échéances

PCEM2

DCEM1

Début d’internat

Obtention d’un niveau Master 1

Début d’internat Rencontres, discussions, réflexions …

→ Décision de faire un Master 2

Année précédente (par exemple : 3e année d’internat)

novembre – janvier :

Choix d’un domaine d’intérêt

Recherche et choix d’un laboratoire d’accueil

Rencontre du maître de stage

février – mars :

Elaboration (avec le laboratoire d’accueil) du projet de recherche du M2

Renseignements sur les enseignements et les possibilités de financement

Planification des différentes échéances :

candidature et inscription en M2

dossiers de bourses / année-recherche

demande de disponibilité

avril – juin : Choix de la formation universitaire

dépôt d’un dossier de candidature voire préinscription

Demandes de financement

 

Demandes de bourses : en avril dossiers à constituer pour l’ANM* et la FRM*

Demande de mise en disponibilité

 

Année de M2

septembre/octobre – janvier : Cours + examens

février - juin :Stage long en laboratoire de recherche

fin juin (ou septembre) Remise et soutenance orale du rapport de stage

Au décours du M2

Valorisation du travail de recherche :

  • · publication, poster, communication

± Poursuite d’un cursus scientifique :

  • · inscription en école doctorale, thèse de sciences

*ANM : Académie Nationale de Médecine ; *FRM : Fondation pour la Recherche Médicale

 

 

Fiche Pratique de la LDI sur le Master 2 par Florence de Rohan Chabot


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